Riding Death de Jean-Michel Basquiat, 1988

Publié le 8 Août 2021

Jean-Michel Basquiat était un fervent admirateur de Léonard de Vinci, ce tableau en témoigne parfaitement. Du graffiti à la peinture, en passant par le dessin, l'artiste New-Yorkais a marqué l’histoire de l’art contemporain. Opposé à l’industrie culturelle, il est en marge des médias de masse. C’est une figure de la mouvance underground. L’artiste au parcours atypique produira en 10 ans plus de 1000 toiles et au moins 2000 esquisses. La toile qui nous intéresse aujourd’hui en dit long sur ses influences.

Depuis son plus jeune âge il étudie l’histoire de l’art et l’anatomie des corps. Des passions identiques à celles de Léonard de Vinci, une idole à laquelle il rend hommage dans le tableau. Cet homme chevauchant un squelette fait référence aux Deux allégories de l’envie. Un dessin que De Vinci a peint en 1490. Ici Basquiat retire l'idée de l’envie pour ne laisser que celle de la mort. Victime d’un accident de voiture à 7 ans, la mort est un thème qui revient fréquemment dans ses œuvres. Ici elle est omniprésente.

Cet individu chevauchant un squelette est un autoportrait de Basquiat. Au moment où il peint cette toile, son ami Andy Warhol vient de mourir.L’idée que désormais, Basquiat fait cavalier seul est clairement représentée dans ce tableau. L’arrière-plan est épuré. Cette fois, pas de collage, pas d’inscriptions, pas de mots et peu de couleurs.

Ce qui fait la singularité de l’artiste n’est pas présent hormis sa patte pour le dessin des corps. Basquiat disparaitra quelques mois après la réalisation de ce chef-d'œuvre que certains experts considèrent comme une œuvre annonciatrice. Son géni lui est toujours présent aujourd'hui.