Les plus grandes artistes féminines au cours de l’Histoire – partie 2

Publié le 20/03/2021

La semaine dernière, Museum TV vous proposait de découvrir 5 grandes artistes féminines qui ont marqué leur temps. De Artemisia Gentileschi à Marie Cassatt , en passant par Berthe Morisot, ces peintres sont des figures majeures de leur mouvement. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir 5 autres artistes célèbres qui les ont suivies.  

Camille Claudel  (1864-1943)

Camille Claudel à l’âge de 20 ans, photographe inconnu

Sculptrice et artiste peintre française, Camille Claudel est la sœur du poète Paul Claudel. Ses œuvres sculpturales, à la croisée du réalisme et de l’impressionnisme,  s’apparentent au mouvement de l’art nouveau qui s’appuie sur l’esthétique des lignes courbes. Si son art est associé à ce mouvement pictural, c’est car l’artiste maîtrisait à la perfection les courbes et les méandres. 

Élève de Auguste Rodin, dont elle sera également la maîtresse pendant une dizaine d’années, elle participe à la conception de certaines sculptures du maître, en qualité d’assistante, comme le groupe statuaire des “Bourgeois de Calais” ou encore l’immensément célèbre sculpture “Le baiser”. Rodin dira d’elle qu’elle exerce une influence certaine sur lui et qu’elle est sa meilleure conseillère. 

Vertumnus and Pomona, Camille Claudel (1905)
© Musée Rodin à Paris

S’accordant une liberté dans son art qui choque de la part d’une femme pour l’époque, Camille ne se voit passer que très peu de commandes. La manière dont elle sculpte ses nus est jugée comme trop crue. 

Aujourd’hui considérée comme une artiste majeure de la sculpture, Camille Claudel finit sa vie dans une grande précarité et empreinte à une folie qui la fera interner. 


Marie Laurencin
(1883-1956)

Avec ta robe longue, tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin” chante Joe Dassin en 1975 dans sa sublime chanson “L’été indien”. 

Marie Laurencin par Carl Van Vetchen (1949)

Artiste figurative française, Marie Laurencin est également graveuse et illustratrice. Associée à la naissance de l’art moderne, période initiée par Edouard Manet et les impressionnistes, Marie Laurencin est à l’origine d’un processus de création qui lui est propre, alliant fauvisme et cubisme, qualifié de nymphisme

Élève à l’école de Sèvres et Académie Humbert, elle devient très vite son propre modèle et se perfectionne dans les autoportraits. Accusée et moquée pour son style qui est qualifié de mièvrerie féminine, l’artiste ne baisse cependant pas les bras et persiste dans la création de son style personnel, évoluant au début du XXème siècle vers des tons pastels : gris, bleu, rose. 

Danseuses espagnoles, Marie Laurencin (1921)
© RMN-Grand Palais (musée de l’Orangerie) / Hervé Lewandowski

En 1930, elle participe au salon des femmes artistes modernes, reconnaissant au même moment la réelle difficulté d’être une femme dans un monde originellement réservé aux hommes. 

Tamara de Lempicka (1898-1980)

Jeune fille en vert, Tamara de Lempicka (1927)
© Centre Georges Pompidou Paris

Une artiste libérée qui ne connait pas le tabou, une femme libre qui ne dépend que d’elle même, une peintre moderne qui ne s’assujettie d’aucune injonction. C’est de cette manière que l’on pourrait décrire Tamara de Lempicka, peintre art déco d’origine polonaise. 

Elle conduit, flirte en public avec des hommes, et surtout, représente les femmes dans toute leur sensualité et leur intimité dans son œuvre. Exilée de Saint Pétersbourg, où elle a grandi, à cause de la révolution d’octobre 1917, elle trouve refuge à Paris. Traumatisée par les guerres et révoltes qu’elle connaît au cours de sa vie et qui la chamboulent, elle utilise l’art comme une arme pour réparer les outrages qu’elle a subi.

Deux fillettes aux rubans, Tamara de Lempicka (1925)
Collection Dean © Tamara Art Heritage / Museum Masters International NYC / ADAGP

Influencée par le futurisme italien et les avant-gardes polonaises, elle est l’élève de Maurice Denis qui lui insuffle l’idée que l’art doit être décoratif.

Ouvertement bisexuelle, à l’instar de sa contemporaine Frida Kahlo, Tamara de Lempicka est une figure de l’émancipation féminine, dans son art comme dans sa vie personnelle. Malgré une production d’œuvre modeste, la peintre est considérée comme une grande artiste de son temps. 

Frida Kahlo (1907-1954)

Comment parler des grandes femmes qui ont fait l’Histoire de l’Art sans mentionner l’une des plus renommées d’entre elles ? Frida Kahlo est, à juste titre, l’une des plus célèbre peintre de l’histoire. 

Frida Kahlo
© TFV International

Féministe engagée, artiste au destin tragique, vous pouvez retrouvez un article que Museum TV a publié à ce sujet en cliquant ici

Autodidacte de la peinture, l’artiste se spécialise dans les autoportraits lorsqu’elle se retrouve alitée pendant 3 mois suite à un très grave accident de bus. A l’aide d’un miroir, elle se peint, en position couchée, avec une exactitude remarquable. 

Artiste réaliste, elle est notamment connue pour son tableau “La colonne brisée”, exprimant toute la souffrance que la peintre mexicaine a endurée au long de sa vie.  Entre 1925 et 1954, année de sa mort, Frida Kahlo réalise 143 œuvres dont 55 autoportraits

La colonne brisée, Frida Kahlo (1944)
© Musée Dolores Olmedo

Niki de Saint Phalle  (1930-2002)

Voilà une artiste que l’art a sauvé. Niki de Saint Phalle a subi un bon nombre de drames dans sa vie : le viol par son père lorsqu’elle est âgée de 11 ans, une dépression nerveuse la conduisant à l’hôpital psychiatrique où elle reçoit des électrochocs… Son parcours l’a ainsi poussé à devenir une artiste, exprimant par ses oeuvres tout son mal-être et l’aidant a en sortir :

« J’ai commencé à peindre chez les fous… J’y ai découvert l’univers sombre de la folie et sa guérison, j’y ai appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l’espoir et la joie. »

Niki de Saint Phalle en 1964
© Erling Mandelmann

Profondément féministe, la peintre du groupe des nouveaux-réalistes dénonce le patriarcat avec ses célèbres nanas, sculptures représentants le corps féminin, le célébrant dans toute ses formes et ses rondeurs, remplies de couleurs vives et de surfaces décoratives. Commencées à la fin des années 60, ces sculptures s’opposent à la série violente des “tirs”, où l’artiste extériorise le mal qui l’a ronge en tirant, à la carabine, de la peinture sur des toiles immaculées. 

Nana à Montreal
© art_inthecity

Retrouvez Niki de Saint Phalle dans “Niki de Saint-Phalle, un rêve d’architecte”, le jeudi 1er avril à 20h30 (UTC +1) sur Museum TV ! 

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