Frida Kahlo : une artiste féministe

Publié le 04/03/2021

Mondialement connue pour ses autoportraits et son destin tragique, Frida Kahlo fait partie des précurseurs du féminisme au Mexique à la moitié du XXème siècle. Retour sur un engagement rare et profond.  

À l’occasion du mois de mars dédié à la femme dans l’art, Museum TV rend hommage à Frida Kahlo, immense peintre surréaliste mexicaine profondément féministe.  

Ma nourrice et moi, Frida Kahlo (1937)
© Musée Dolores Olmedo

Né en 1907 dans un Mexique machiste et conservateur, l’artiste n’a eu de cesse de se battre pour faire entendre sa voix dans la société patriarcale dans laquelle elle a grandi.  

Se destinant originellement à une carrière dans le domaine médical, Frida est profondément heurtée lorsqu’elle réalise qu’elle fait partie des seules 35 filles admises sur quelques 2 000 étudiants à l’École nationale préparatoire (Escuela Nacional Preparatoria). Alors âgée de 15 ans, la future artiste s’inquiète de ce constat. C’est les prémices du désir d’émancipation qui l’animera tout au long de sa vie mouvementée.  

Obligée d’abandonner ses études suite au triste accident de bus qui l’immobilisera en position couchée pendant plus de 3 mois et l’handicapera à vie, cet événement infortuné développe en elle une véritable passion pour l’art. En effet, alitée, elle est contrainte de peindre des autoportraits, s’inspirant du seul miroir dans lequel elle se reflète. L’art sera pour Frida Kahlo la principale arme de dénonciation des injustices faites aux femmes dans la société mexicaine.  

Frida Kahlo
© TVF International

Je serai donc l’amie de ceux qui m’aiment telle que je suis.” 

En 1928, 3 ans après son accident, elle pousse la porte du parti communiste mexicain, y voyant une opportunité de faire progresser la cause féministe au Mexique. Dans son art, son engagement se traduit par la mise en lumière de sujets tabous, comme la sexualité, les fausses couches – dont elle a été victime à plusieurs reprises, la pilosité féminine ou encore le rejet du rôle traditionnel de la femme : “sois belle et tais toi”.  Ouvertement bisexuelle, fait rare pour l’époque, elle vivait avec son mari le peintre Diego Rivera une relation ouverte et non-exclusive, choquante pour le Mexique des années 1950. Frida Kahlo n’avait que faire des conventions sociétales et des commérages dont elle pouvait être la cible à cause de son mode de vie.  

Frida Kahlo et son époux Diego Rivera
© TVF International

Assumant son corps abîmé par la maladie et l’accident, sa jambe boiteuse, sa pilosité, l’artiste se représentait telle qu’elle était, refusant de s’embellir pour plaire aux diktats de la société.  

Je ne saurais dire si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu’ils sont la plus franche expression de moi-même, sans jamais tenir compte des jugements et des préjugés de quiconque.” 

écrivait la peintre dans l’une de ses nombreuses lettres, reflétant parfaitement sa pensée féministe.  

Autoportrait au Collier d’Épines et Colibri, Frida Kahlo (1940)
Plus d’info sur l’oeuvre en cliquant ici.

Il faudra attendre 1953, un an avant le décès de la peintre, pour que les femmes mexicaines obtiennent le droit de vote. Elle aura donc eu la chance de connaître cette avancée majeure de la société mexicaine. Bien que le combat pour l’égalité des sexes soit loin d’être gagné au Mexique, Frida Kahlo aura ouvert la porte à des milliers de femmes qui se battent toujours pour leur émancipation.  

Retrouvez l’artiste mexicaine ce jeudi 4 mars dans A la recherche de Frida Kahlo, à 20h30 (UTC +1) sur Museum TV !

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