Les plus grandes artistes féminines au cours de l’Histoire - partie 1

Coline Lehembre
Publié le 13 Mars 2021
Les plus grandes artistes féminines au cours de l’Histoire - partie 1

Au cours de l’Histoire, les noms de grandes femmes, piliers et précurseurs dans l’art se sont succédé. Museum TV vous présente aujourd’hui 5 d’entre elles. 

Artemisia Gentileschi (1593-1653)

L’une des plus célèbre peintre féminine du 17ème siècle naît à Rome le 8 juillet 1593. Considérée comme l’une des premières peintres baroques, elle fut peintre de cour pour la famille Médicis et pour Charles Ier d'Angleterre.

Autoportrait d'Artemisia Gentileschi (1638-1639)

Élève du maître Orazio Gentileschi, son père, elle s’inscrit dans le mouvement du Caravagisme, dont elle participe grandement à la diffusion à Naples.  

Son œuvre, mettant la plupart du temps en avant du point de vue féminin, est synonyme des prémices du féminisme, à une époque où les femmes peintres étaient difficilement acceptées.  Elle fut notamment la première femme à peindre des sujets religieux et historiques. 

Judith décapitant Holopherne, Artemisia Gentileschi (1615)

Son oeuvre, “Judith décapitant Holopherne”, représentant le personnage biblique Judith assassinant le général Holopherne, nous montre tout l’avis qu’avait Artemisia Gentileschi sur la question du pouvoir des femmes. 

Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842)

Fille du pastelliste Louis Vigée, Élisabeth Vigée Le Brun baigne dans la peinture dès son plus jeune âge. 

Autoportrait d'Élisabeth Vigée Le Brun (1790)

Peintre de cour de Marie-Antoinette et de Louis XVI, puis du Royaume de Naples, de la Cour de l'empereur de Vienne, de l'empereur de Russie et enfin de la Restauration, cette royaliste convaincue mit son art au service des royautés, contemplant de son oeil d’artiste les crises politiques qui ont marqué l’Histoire . 

Considérée comme une portraitiste majeure, elle a représenté entre autres Marie-Antoinette et Madame du Barry, l’une des favorites du roi, dans un style rococo et néo-classique. L’artiste s’est également elle-même de nombreuse fois portrayée. Les portraits correspondent à 660 œuvres sur un total de 900 au cours de sa vie. 

Marie-Antoinette à la rose, Élisabeth Vigée Le Brun (1783)

Rosa Bonheur (1822-1899)


Artiste animalière à la renommée immense aux États-Unis au XIXème siècle, Rosa Bonheur est une peintre et sculptrice française. Sa sœur Juliette et ses deux frères Isidore et Auguste sont également des artistes peintres et sculpteurs

Rosa Bonheur par André Adolphe-Eugène Disdéri (1865)

Contemporaine d’une époque et d’une société où les femmes étaient considérées comme mineures et se devaient d’être soumises aux hommes, Rosa Bonheur jura de “relever la femme”. 

Elle acquiert une grande notoriété avec la réalisation du tableauLe Marché aux chevaux”, présenté au salon de peinture et de sculpture de 1853.

Le Marché aux chevaux, Rosa Bonheur (1852-1855)

Artiste engagée pour la condition de la femme et la condition animale, Rosa Bonheur est considérée comme l’une des premières féministes, en lien avec la vie dénuée de toute tutelle masculine qu’elle a vécu, fait rare pour l’époque. Militante de la cause homosexuelle, elle refusa le mariage tout au long de sa vie.

Berthe Morisot (1841-1895)

Artiste majeure du groupe des impressionnistes de la seconde moitié du XIXème siècle, la peintre française est proche de Edouard Manet, son beau-frère, et d’artistes tels que Edgar Degas, Pierre-Auguste Renoir ou encore Claude Monet

Autoportrait de Berthe Morisot (1885)

Volontairement écartée des expositions de son vivant et dans les années qui ont suivi sa mort à cause de son sexe, la peintre est aujourd’hui reconnue comme une figure majeure de l'impressionnisme

Son désir de rompre avec la tradition l'amène à peindre des femmes, parfois dans une semi nudité tabou pour l’époque, ou dans leur intimité. Elle représentait souvent son mari Eugène Manet s'occupant leur fille Julie, future artiste, sous-entendant de cette manière que les hommes aussi ont un rôle à jouer dans l’éducation de leurs enfants.  

Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival, Berthe Morisot (1881)

Comme sa contemporaine Rosa Bonheur, elle devient l’une des premières figures du féminisme. Elle écrit, à l’âge de 30 ans : 

«Je n’obtiendrai mon indépendance qu’à force de persévérance et en manifestant très ouvertement l’intention de m’émanciper».

Mary Cassatt (1844-1926)

Immense peintre et graveuse américaine, Mary Cassatt est animée, au fil des années, par différents mouvements picturaux, à l’instar du réalisme, de l’impressionnisme et du post-impressionnisme. Influencée par les nabis, Edgar Degas et Henri de Toulouse Lautrec, elle est avec Berthe Morisot l’une des seules femmes à s’être imposée dans le groupe des impressionnistes

Autoportrait de Mary Cassatt (vers 1878)

Elle est d’ailleurs l’une des premières femmes à avoir étudié la peinture à l’université, à l’Académie des beaux-arts de Pennsylvanie, même si cette expérience lui déplut et qu’elle se forma en autodidacte. 

Si de son vivant, elle connaît un très grand succès, son nom est pourtant oublié du grand public après sa mort. 

Souhaitant une rupture avec la peinture classique, l’artiste se plaît à représenter des paysages ou des scènes de vie quotidienne avec beaucoup de couleurs et jouant sur les lumières

Influencée également par la gravure japonaise, Mary Cassatt atteint le sommet de son art lorsqu’elle y incorpore le style extrêmement coloré des impressionnistes, donnant naissance à une série de portraits de femmes et enfants. 

Petite fille dans un fauteuil bleu, Mary Cassatt (1878)

Il est impossible de résumer en un article la pluralité des styles et des talents que sont les femmes dans l’Histoire de l’Art. C’est pourquoi  Museum TV vous propose de retrouver très bientôt une suite à cet article, mettant en lumière d’autres artistes majeures de leur temps, de Camille Claudel à Niki de Saint Phalle !