« Merahi metua no Tehamana » de Paul Gauguin

Publié le 26 Mai 2021
« Merahi metua no Tehamana » de Paul Gauguin

« Merahi metua no Tehamana ». Pour les non-tahitiens cela peut être un peu compliqué à prononcer. Paul Gauguin lui ne buterait sûrement pas sur ces mots. L'oeuvre, aussi appelée "Les Aïeux de Tehamana" est peinte en 1893 par Paul Gauguin.


En 1891, il s’installe à Tahiti. Il y trouve une lumière unique. Sur l’île paradisiaque, celui qui était l’un des pères de l’Art moderne rencontre aussi celle qui sera sa future femme : Tehamana. C’est elle qui est représentée sur ce tableau juste après leur mariage, elle avait alors 13 ans. Elle fut sans doute le modèle féminin le plus important de Gauguin. On la retrouve notamment dans “L'esprit des morts veille”. L’expression mystérieuse de la jeune fille a donné lieu à une comparaison avec une certaine Mona Lisa…


A l’époque, les missionnaires européens obligaient les femmes autochtones à porter cette robe à rayures durant les jours de fête. Si Gauguin choisi de la représenter, c’est peut être qu’il a perdu espoir en un « paradis primitif » pour Tahiti. La fleur d’hibiscus rouge à l’oreille gauche, signifie qu’elle est mariée, l'éventail, est un symbole de beauté. Quant au deux mangues, elles représentent la fertilité de la jeune mariée.

Une photographie réalisée par Charles Georges Spitz vers 1888 est souvent reproduite comme un portrait de Teha'amana, bien qu'il n'y ait aucune preuve de cette identification.


En arrière plan, on distingue une figure féminine. C’est Hina, une déesse polynésienne. Regardez maintenant les inscriptions en jaunes dans le fond. Vous vous demandez surement ce qu’elles signifient … et bien nous aussi ! Ce système d’écriture découvert sur l’île de Pâques n’a jamais été déchiffré! Ces écritures suggèrent que la mentalité tahitienne reste inaccessible aux européens.