Le Christ Jaune, par Paul Gauguin en 1889

Publié le 3 Août 2021

L’artiste qui a réalisé cette toile est considéré à l'époque comme un nouveau messi de l'art moderne. Voici Le Christ jaune, réalisé par Paul Gauguin en 1889.

À la fin des années 1880, le célèbre peintre habite Pont-Aven en Bretagne. Avec ses compères Paul Sérusier et Emile Bernard, il fonde "l'école de Pont-Aven". Leur style : des formes traitées en aplat de couleur, entourées de cernes noirs.

Gauguin adore la bretagne, il dit y retrouver le sauvage et le primitif : "Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture".

Par la couleur, cette toile incarne parfaitement la dimension symboliste de l'œuvre de Gauguin. Pour lui, l'art se doit d'être une déformation subjective de la nature. Regardez ce ton jaune, il n'est pas naturel et les lignes ne sont pas représentatives de la réalité, elles sont transformées.

Gauguin utilise sa technique du cloisonnisme, les formes sont cernées de noires comme dans des estampes japonaises. La souffrance du Christ semble refléter la personnalité torturée de Gauguin et les teintes jaunes qui sont chères au peintre suggèrent une dimension autobiographique.

D'ailleurs, quelques années plus tard, Gauguin réalise Portrait de l'artiste au Christ jaune, qui là encore représente sa personnalité tiraillée entre deux mondes. Octave Mirbeau décrira ainsi l’œuvre de Gauguin comme un "mélange inquiétant et savoureux de splendeur barbare, de liturgie catholique, de rêverie hindoue, d’imagerie gothique, de symbolisme obscur et subtil".