Vers des expositions éco-responsables ?

Publié le 27/06/2020

Difficile à mesurer, l’impact du monde de l’art sur l’environnement est pourtant bien réel. Qu’en sera-t-il dans le « monde d’après » ?

Des centaines d’œuvres acheminées depuis l’autre bout du monde, des kilos de plastique, de carton, de bois et d’éléments de scénographie jetés à la poubelle, exposition après exposition. Quand on réalise qu’une institution réalise en moyenne deux à trois expositions par an, on peut être pris de vertiges écologiques.

Comme dans tous les autres domaines de la société, une prise de conscience est en train de se faire. Déjà en 2007, la bibliothèque nationale de France faisait chiffrer son impact environnemental : 16 tonnes de déchets annuels rien que pour sa programmation.

Face aux enjeux éco-responsables, une piste émerge : mutualiser la scénographie des expositions et cela dès leur conception. C’est ce qu’a fait le Petit Palais il y a deux ans. Trois expositions : Anders Zorn, Les hollandais à Paris et les Impressionnistes à Londres. Pour remporter l’appel à candidature, la scénographie devait être pensée de manière réutilisable. Un pari gagné par Maciej Fiszer, très impliqué dans ces problématiques. 

« On a produit un système de cimaises modulables. On va dire que 80% des modules scénographiques étaient les mêmes dans les trois expositions » nous assure Maciej. Un vrai défi qui vaut aussi pour le choix des entreprises avec qui les scénographes collaborent et des matériaux utilisés. Tous sont choisis en fonction de critères écologiques.

Écolo dans le fond et dans la forme

Autre exemple d’éco-responsabilité dans le milieu des expositions temporaires, « Nés quelque part » organisé par la Cité de l’économie il y a quelques mois.

« On a choisi sur tous les écrans de l’exposition de faire appel à Images Vertes qui fabrique des écrans à partir de bouteilles recyclées. On a choisi de faire confiance à Espace et compagnie sur la construction des décors avec des peintures écologiques. Enfin, on essaie d’être le plus possible cohérent avec les thématiques que l’on aborde »

Cécile Delalande, directrice artistique de Ars Anima

Au-delà de la forme, nés quelque part se voulait aussi éco-responsable sur le fond. Dans cette exposition immersive, les visiteurs devenaient les personnages principaux. Une jeune mère sans accès à l’eau potable au Nigeria, une ouvrière textile cambodgienne ou encore un adolescent dans les favelas de Colombie…

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