Sur les traces du mur de Berlin avec Patrick Tourneboeuf

Alice Blanquin
Publié le 27 Juin 2020
Sur les traces du mur de Berlin avec Patrick Tourneboeuf

Patrick Tourneboeuf s'est toujours intéressé au mur de Berlin. Pour les 30 ans de sa chute, il est retourné sur ces traces, cette fois accompagné d'un cartographe.

Patrick Tourneboeuf a toujours aimé se perdre dans les lieux underground, découvrir la culture autrement, flirter avec l'urbex. En 1988, "il n'y avait rien de plus fort physiquement que la frontière entre Berlin Est et Berlin Ouest" à ses yeux, "sachant que Berlin Ouest se trouvait en plus dans le territoire de la RDA".

Patrick Tourneboeuf, Berlin, 1988

C'est à ce moment là de l'histoire du mur qu'il y organise son premier voyage photographique. Le deuxième, qu'il qualifie lui-même de beaucoup plus "posé", se fait en 2004. Il y va d'ailleurs avec sa chambre photographique, "l'éloge de la lenteur" selon ses mots. Cette nouvelle excursion donne naissance à une sorte d'inventaire de paysages déchus dans lesquels se trouvaient des stigmates, des morceaux de mur ou alors le vide.

Patrick Tourneboeuf, Berlin, 2004
Patrick Tourneboeuf, Berlin, 2004

Cartographie et photographie

Avril 2019. Patrick Tourneboeuf décide de donner un troisième opus à cette aventure mémorielle, cette fois accompagné par Laurent Gontier, un cartographe. À leur manière, ils commémorent les 30 ans de la chute du mur. "Associer la cartographie à la photographie pour en faire une œuvre" voilà l'idée du photographe.

Ensemble ils retracent la route du mur sur 50 kilomètres, du sud au nord de la ville.

P. Tourneboeuf et Laurent Gontier, 2019

Sur la partie cartographiée, l'endroit où la photographie a été prise est signalé par un point et entouré par une vue aérienne d'un périmètre donné. Une association de deux technique qui vient renverser les rôles habituels. "On dit de la photo que c'est une réalité, c'est ce qu'on voit. Et bien là, elle devient presque une représentation de l'imaginaire, elle devient une représentation associée à la carte qui elle, apporte le factuel" nous explique P. Tourneboeuf.