Art, sexualité et morale : la représentation du désir à l’époque de la censure

Publié le 15/06/2021

A l’abri des regards chastes, au 18e siècle, les jeux de conquêtes amoureuses de la haute société se transforment en une recherche des désirs charnels. Cette notion de libertinage apparaît avec le siècle des Lumières, sous le règne du bon vivant, Louis XV. Ce nouveau style de vie fondé sur le plaisir va s’inviter dans les arts. 

La rencontre, Jean-Honoré Fragonard (1773)

Mais comment ces artistes représentent ce désir malgré la censure ? Les peintres et les libres penseurs vont jouer avec la lumière, avec les miroirs et sur les rapports entre intérieur et extérieur, une manière de suggérer les jeux entre amants. Tout cela est rendu possible par l’évolution architecturale des espaces à cette époque.

L’auteur de “ La Philosophie dans le boudoir”, c’est le sulfureux marquis de Sade, philosophe et précurseur de cette libération sexuelle. A travers ce roman, il relate l’éducation érotique de l’héroïne, Justine. Mais attention, on parle d’érotisme et non pas de pornographie

A l’époque, les artistes travaillent le regard comme un puissant levier du désir. Car tout doit être suggéré pour contourner la censure. Les peintres tels que François Boucher, ont recours à des astuces subtiles.

L’Odalisque, François Boucher (1745)

Son Odalisque joue habillement des alternances entre voilé et dévoilé pour représenter ce désir d’érotisme. Cette Odalisque dévoile volontairement ce qui aurait dû être secret. 

En 1777, Fragonard peint l’une de ses fameuses scènes d’intimité. Un couple, un verrou, et une certaine nonchalance, ce tableau transpire de désir et d’envie. C’est l’emblème du libertinage en son temps, et c’est avec ruse qu’il joue avec les interdits. 

Le verrou, Jean-Honoré Fragonard (environ 1774-1778)

Ainsi, les artistes mettent parfois en scène des instants où un personnage extérieur espionne l’intimité d’un autre, conscient ou non, tel que Schall quand il peint l’amour frivole. Des jupes savamment relevées ou des portes faussement repoussées, les stratagèmes sont nombreux pour voir et laisser voir. Comme le dit si bien Sade à Justine dans “ La Philosophie dans le Boudoir “Profitez, profitez de tous les plaisirs qui vous sont offert”. 

L’Amour frivole, Jean-Frédéric Schall (vers 1780-1789)

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