5 œuvres à découvrir absolument au Musée d'Orsay !

Gilles Farina
Publié le 18 Janvier 2023
5 œuvres à découvrir absolument au Musée d'Orsay !

Museum TV a sélectionné pour vous 5 œuvres à découvrir absolument au musée d'Orsay !

Le Ballon - Félix Vallotton - 1899- Musée d'Orsay

Le Ballon - Félix Vallotton - 1899
Le Ballon - Félix Vallotton - 1899

Ce tableau est une ode à la liberté. Il est exposé au musée d'Orsay : Le Ballon peint par Félix Vallotton en 1899.

C’est l’été et il fait beau ! Pourtant, dans le tableau, on ne voit ni le ciel bleu ni un seul rayon de soleil. Pour donner l’idée de chaleur, l’artiste choisit de peindre d’un côté et de l’autre, les ombres des arbres sur l’allée du parc.

Ces formes sombres semblent courir après l’enfant qui s’élance vers la balle rouge. Le contraste entre l’ombre et la lumière donne à la scène une poésie étrange. Felix Vallotton est le peintre des vues urbaines, des paysages et des natures mortes.

Son style se distingue par des couleurs raffinées, un dessin toujours précis découpant les formes, avec des cadrages audacieux, des perspectives souvent aplaties, empruntées aux estampes japonaises et surtout au cadrage de la photographie. Comme c’est le cas pour sa plus célèbre œuvre : Le ballon. Pourquoi ce petit tableau émeut-il autant ses admirateurs ? Sans doute par son thème.

Toute l’ingénuité de l’enfance se manifeste par la grâce de cette silhouette peinte avec une grande liberté. Et avec ce thème qui semble à priori assez anodin, Felix Vallotton fait preuve d’une vision radicale : l’enfant devient un sujet digne d’intérêt.

Mais surtout ce qui est très singulier à l’époque : il est présenté comme une personne, et même un être libre loin de ses parents. D’ailleurs, si la perspective de ce tableau est volontairement irréaliste : c’est une manière de souligner l’éloignement des adultes au fond du tableau.

Felix Vallotton, connu pour ses idées libertaires a choisi de peindre une scène de jeu où l’enfant semble n’avoir comme seule aspiration qu’une farouche liberté, sans aucune entrave.Un sentiment qui rencontre un écho intime chez tous ceux qui rêvent d’être libre comme l’air. Qu’ils soient petits ou grands.

Olympia - Edouard Manet - 1863- Musée d'Orsay

Olympia - Edouard Manet - 1863
Olympia - Edouard Manet - 1863

Saviez-vous que ce tableau peint en 1863 par Edouard Manet a longtemps été considéré comme le plus choquant de l’histoire de l’art ? Nous allons tout savoir de la retentissante affaire “Olympia”.


Aujourd’hui, quand on croise ce tableau au musée d’Orsay, difficile de comprendre ce qui a tant choqué. La nudité ? Non, dans l’art académique c’est très courant, particulièrement pour les scènes mythologiques.

Ainsi, ce nu de Manet n’est pas celui d’une déesse mais d’une femme contemporaine. Pire, le bouquet de fleurs apporté par la servante est à coup sûr le cadeau d’un amant. En effet, il s’agit d’une courtisane. Sa posture sur le lit, la main posée sur la cuisse, le regard provocateur renvoie le spectateur à sa situation de voyeur.
Manet explique innocemment qu’il s’est inspiré de la Venus d’Urbino du grand maître de la Renaissance Titien. C’est vrai, la ressemblance est frappante. Mais un autre détail enflamme les critiques.

Chez Titien, au pied de la déesse : un chien, symbole de la fidélité. Manet l’a remplacé par un chat au poil et la queue hérissée, qui évoque la sexualité débridée. Ça en est trop : le public enrage contre l’insolence du sujet. Ainsi, le tableau est plusieurs fois attaqué. Le peintre veut représenter la réalité telle qu’il la voit. Non pas comme l’art académique l’interprète. Rare sont ceux à l’époque qui comprennent le génie de Manet

La Naissance de Vénus - Alexandre Cabanel - 1963- Musée d'Orsay

La Naissance de Vénus - Alexandre Cabanel - 1963
La Naissance de Vénus - Alexandre Cabanel - 1963

L’artiste qui a réalisé cette toile, est l’un des plus grands peintres académiques français : Alexandre Cabanel. Vénus est la déesse antique de l’Amour et de la Beauté. Sa représentation est récurrente dans l’histoire de la peinture classique. Le thème de sa naissance dans l’écume des vagues est interprété par de nombreux maîtres. Le plus célèbre d’entre eux est Botticelli.

Lorsqu’il peint la Vénus, Cabanel choisit une position artistique classique et académique. En effet, la déesse est réalisée grandeur nature. Les codes de représentation d’un corps nu et les proportions sont exemplaires. Cela reflète parfaitement les canons de la beauté à l’époque du Second Empire.

Ainsi, le corps nacré, la longue chevelure étendue et la sensualité du jeu de mains donnent à voir la représentation d’une femme belle et désirable. La réception de l’œuvre est très positive. Succès total ! Preuve du succès réservé à cette œuvre, Napoléon III achète la toile lors du Salon de 1863. Le tableau est même exposé durant un temps au palais de l’Élysée. Ce succès est pourtant dénoncé par une partie du milieu artistique de l’époque. Manet qui expose au même moment Le Déjeuner sur l'herbe au Salon des refusés critique la toile de Cabanel. Tout comme Zola qui combat la peinture académique.

Ainsi, avec une simple toile relevant de la beauté canonique d’une représentation mythologique, Cabanel s’impose comme figure essentielle de la rupture entre peinture classique et moderne. L’art c'est aussi des opinions qui s’opposent.

Le berceau de Berthe Morisot- 1872

La maternité est un thème récurrent dans l’œuvre de cette artiste et ce tableau en est la toute première manifestation. Voici "Le berceau" réalisé par Berthe Morisot en 1872.

Le berceau - Berthe Morisot 
©Musée d'Orsay
Le berceau - Berthe Morisot
©Musée d'Orsay


À l’époque, les femmes artistes sont rares. La peintre française est d’ailleurs la première femme à présenter son travail lors de l’exposition impressionniste de 1874. Parmi ses amis elle compte Degas, Manet et Renoir. Son œuvre est une des seules à ne pas être abîmée par la critique lors de cet évènement. Le berceau qui est son tableau le plus célèbre fait partie des toiles qui y sont présentées.

Le Bénédicité de Jean-Siméon-Chardin, 1740.
Le Bénédicité de Jean-Siméon-Chardin, 1740.
©Musée du Louvre


Dans Le berceau, Berthe Morisot peint sa sœur Edma veillant sur le sommeil profond de son enfant. Le regard maternelle dit tout du lien spécial que peuvent entretenir ces deux personnages.
L'artiste peint une scène de la vie quotidienne. Son œuvre ne réunit pas la maternité à la religion. Deux thèmes qui sont habituellement liés dans l’art occidental comme en témoigne La Vierge de Lorette de Raphaël ou Le Bénédicité de Jean-Siméon-Chardin.

La Vierge de Lorette de Raphaël, 1510.
La Vierge de Lorette de Raphaël, 1510.
©Musée Condé

En prenant le partie d’illustrer une scène ordinaire elle s’inscrit un peu plus dans le courant impressionniste.

Le voilage de tissus blanc et la main droite semblent mettre l’enfant à l’abri de tous les dangers. La peintre suscite l’apaisement, le calme et la tranquillité grâce à de fines couches de peintures blanches.
La veine impressionniste de Berthe Morisot est omniprésente et ce tableau participe à faire d’elle une des doyennes du mouvement. Le Berceau est aujourd'hui au Musée d’Orsay.

La charmeuse de serpents - Henri Rousseau - 1907

La charmeuse de serpents - Henri Rousseau - 1907
La charmeuse de serpents - Henri Rousseau - 1907

Le peintre qui a réalisé cette toile est l'une des figures les plus originales du XXe siècle. La Charmeuse de serpents, réalisé en 1907 par Henri Rousseau et exposé au musée d'Orsay.

Henri Rousseau fait partie des artistes dits “naïfs”, appelés comme ça car pour eux, la peinture est alors un passe-temps plus qu’un métier. Il est douanier aux portes de Paris, son surnom est alors le “douanier Rousseau”. Comme dans Le Rêve, le personnage est en symbiose avec la nature.

Henri Rousseau nous plonge dans une jungle luxuriante, totalement imaginaire car oui il n'y a jamais mis les pieds. L'exotisme de ses références, ne vient que de ses visites de la grande serre du jardin des plantes ou du muséum d'Histoire naturelle de Paris.

Ou peut-être même de sa visite chez la maman de Robert Delaunay, son fervent admirateur. De fait, son appartement était décoré de nombreuses plantes vertes. Le jeu de l’artiste est d’autant plus riche, que ses peintures oscillent constamment entre le réel et l’imaginaire.

La Charmeuse de serpents s’inscrit dans toutes les dimensions de l’art naïf : c’est une jungle exotique à la flore exubérante qui présente en son cœur un corps de femme nu enlacé d'un serpent.

Ainsi, cette toile est très novatrice pour l'époque. Le personnage principal est une Eve noire, dans un jardin d'Eden angoissant. Eve charme la nature sauvage et fige la nature dans un étrange silence. Regardez ces couleurs franches et denses, elles nous rappellent celles qu'utilisent René Magritte dans ses peintures. L'univers fantastique de cette toile annonce le surréalisme.

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