3 anecdotes que vous ignoriez peut-être sur Van Gogh

Publié le 04/02/2021

Très peu connu de son vivant, considéré comme un artiste majeur et incontournable du 19ème siècle, Vincent Van Gogh fut un peintre torturé au destin tragique. Museum TV vous présente aujourd’hui trois anecdotes peu connues sur l’auteur de « La Nuit étoilée. » 

La nuit étoilée Vincent Van Gogh
« La nuit étoilée » Vincent van Gogh (1889)

1. Et si nous ne savions pas à quoi ressemblait réellement Vincent Van Gogh à l’âge adulte?

Le peintre, ayant des réserves sur cet instrument moderne qu’était la photographie, n’aura laissé que très peu de pistes aux historiens qui souhaitent connaître son visage. Lui qui aimait tant peindre son autoportrait, était particulièrement réticent à l’idée que l’on tire le sien. 

Durant de nombreuses années, les conservateurs de musées et spécialistes de l’art s’étaient accordés pour dire qu’il existait 2 uniques photographies de Vincent Van Gogh, l’une à 13 ans et l’autre à 19 ans. En novembre 2018, il a été prouvé que l’un de ces clichés était en réalité celui de son frère aîné, Theodore.

Theo Van Gogh
A gauche, la photo que l’on a cru être celle de Vincent, et qui était en réalité celle de son frère Theodore, à droite, âgé de 32 ans
© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

La seconde photographie fut prise à la Haye en janvier 1873, quelques mois avant qu’il ne commence son premier travail à l’étranger, en tant que marchand d’art à Londres. Ce cliché de l’artiste à 19 ans est à ce jour l’unique photographie identifiant formellement Van Gogh

Unique photo identifiée formellement comme étant celle de Vincent Van Gogh, à 19 ans
© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

Par ailleurs, un autre cliché sème l’incertitude sur une éventuelle identification de  Vincent Van Gogh à l’âge adulte. Cette photographie du groupe des nabis à l‘académie Julian à Paris en 1887 ou 1888, pourrait être la seconde que l’histoire aurait de l’artiste. Le cliché, trouvé dans les archives de l’Institut National de l’Histoire de l’Art, représente 34 peintres, tous étudiants, et comporte la mention « Cormon & ses élèves ». Parmi ses figurants, on reconnaît notamment Sérusier et Gauguin

« Cormon & ses élèves » (1887 ou 1888)
© Bibliothèque de l’INHA

Cependant, le doute plane sur l’authentification de l’auteur des célèbres « Tournesols » . Certains historiens réfutent cette hypothèse, prétextant que les autoportraits du peintre le présentait comme un homme à la chevelure bien garnie, en opposition avec la calvitie qui touchait l’homme du cliché. Alors, la personne sur ce portrait de groupe est-elle réellement Vincent Van Gogh ? En tout cas, le lieux, la date (s’il s’agit bien d’une photo de 1887) et les personnes l’entourant semblent coïncider!

Vincent Van Gogh photo
Source : Bibliothèque de l’INHA

Le peintre a encore bien des secrets à nous révéler !

2. Van Gogh : un peintre-écrivain ?

Mondialement connu pour ses talents de peintre, beaucoup ignorent que Vincent Van Gogh était également féru d’écriture. Souffrant de démence, il avait un besoin permanent de partager ses idées et ses sentiments dans des lettres

De nombreuses lettres de Van Gogh ont survécu, ainsi que certaines des réponses. La correspondance totale conservée de nos jours comprend 902 lettres : 819 écrites de la main du peintre et 83 qui lui étaient adressées, selon le Musée Van Gogh. La majorité des lettres conservées comprend des missives que Van Gogh écrivit à sa sœur Willemina, à sa mère ainsi qu’à ses amis peintres, tels que Paul Gauguin, Émile Bernard, Anton Mauve, Henri de Toulouse-Lautrec ou encore Anthon van Rappard. Plus de 650 de ces lettres sont adressées à son frère Théo, qui fut son correspondant le plus proche, à la fois en tant que frère, un meilleur ami, un conseiller et un fidèle partisan. L’artiste terminait généralement ses lettres à son frère par « tout à toi, Vincent ». Vous pouvez retrouver un article sur leur relation en cliquant ici.

lettre de Vincent van gogh
Extrait d’une lettre adressée en français à Theodore Van Gogh
© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

S’il prenait beaucoup de plaisir à coucher ses pensées et ses sentiments sur le papier, Van Gogh n’en restait pas moins un passionné d’art. Ainsi, il ajoutait parfois à ses lettres des compositions, des croquis dessinés des œuvres sur lesquelles il travaillait sur le moment. Plus de 240 croquis ont été retrouvés dans les lettres, et sont conservés au Musée Van Gogh. Souvent, il s’agissait  de croquis rapides faits à la plume, mais parfois de dessins en couleur plus détaillés. Lorsqu’il ne pouvait y ajouter de la couleur, le peintre décrivait souvent les couleurs sur ses croquis afin de donner à son interlocuteur une idée du tableau

lettre de Vincent van gogh
Lettre agrémentée d’un croquis
© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

Enfin, il est intéressant de noter que même si Vincent était un artiste néerlandais, il a écrit environ un tiers de ses lettres en français. À la fin du 19ème siècle, le français est la langue internationale la plus importante. Le peintre étant issu d’une famille bourgeoise notable de la région, il reçut lors de son éducation un apprentissage strict de la langue de Molière. Pourtant, ce n’est qu’après son installation à Paris, en 1886, qu’il s’est complètement tourné vers l’écriture en français. 

D’ailleurs, selon le musée Van Gogh, il signait ses peintures de son prénom car les français avaient du mal à prononcer son nom de famille !

En savoir plus  : https://www.vangoghmuseum.nl/en/highlights/letters

3. Connu après sa mort certes, mais comment ? 

C’est la femme de son frère, Johanna Bonger, dite “Jo”, qui a contribué à faire de Van Gogh un artiste célèbre dans la postérité. 

Après le décès de Theo en 1891, soit 6 mois après Vincent, sa veuve s’installe à Bussum, à une trentaine de kilomètres d’Amsterdam. Lors de son départ, elle saisit l’importance d’emporter avec elle la collection d’art de Vincent. Elle le sait, son défunt mari a sans relâche cherché à sensibiliser le public au travail et à la vision artistique novatrice de son frère. 

Jo Bonger Van Gogh
Jo Bonger et son fils, Vincent
© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

Par ailleurs, Jo Van Gogh tient un journal intime depuis ses 17 ans, qui regorge de détails sur sa vie avec Theo, mais aussi sa relation avec Vincent, et nous donne un aperçu de la vie à cette époque.

En mémoire de son mari, Jo a cherché à sensibiliser le public aux peintures de Vincent. A l’aide d’amis artistes, elle organise des expositions pour accroître la visibilité de l’œuvre de son beau-frère.

Jusqu’à sa mort en 1925, elle réalise de nombreuses ventes des œuvres d’art de son beau-frère: à des collections accessibles au public, mais aussi dans le monde entier. Le talent de Vincent est enfin apprécié à sa juste valeur.  

Il ne l’aura jamais su, mais il est considéré à ce jour encore comme l’un des plus grands génies de son temps ! 

J’adore l’art, je m’inscris illico à la newsletter Museum

Oui, je veux tout savoir sur le monde merveilleux de l’art, être au courant des meilleures expositions du moment, des nouveaux programmes et des événements de la chaîne, recevoir des entrées gratuites pour les musées près de chez moi, gagner des livres d’art et des catalogues d’exposition…