Restauration de la chapelle Saint-Vincent-de-Paul à l'église Saint-Eustache

Elise Bontemps
Publié le 9 Juillet 2026
Restauration de la chapelle Saint-Vincent-de-Paul à l'église Saint-Eustache

Avec près d'un million de visiteurs chaque année, l'église Saint-Eustache est l'une des plus emblématiques de Paris. Construite en 1532, elle a vécu toutes les grandes étapes de la France. Afin de conserver ce patrimoine, plusieurs travaux de restauration ont dû être effectués, notamment au sein de la chapelle Saint-Vincent-de-Paul, désormais ouverte au public.

"Petit à petit, nous redonnons toute sa splendeur à cette église", s'exprime le père Pierre Vivarès, curé de la paroisse de Saint-Eustache. Depuis 40 ans maintenant, la Ville de Paris, la paroisse et des mécènes collaborent pour restaurer cet édifice. Avec comme point de départ le toit de la bâtisse, la chapelle Saint-Vincent-de-Paul figurait aussi sur la liste. Portés par le World Monuments Fund, la Ville de Paris ainsi que la paroisse, les travaux de restauration, débutés en octobre 2025 se sont achevés. La chapelle est désormais ouverte au public.

Du 17e au 19e siècle

Si en première lecture, l'histoire de cette chapelle commence au 19ᵉ siècle, celle-ci débute en réalité au 17ᵉ. À la suite d’un incendie au sein de l’église en 1844, Victor Baltard, architecte diocésain, lance une grande campagne de restauration. Les décors de la chapelle Saint-Vincent-de-Paul, qui étaient alors recouverts de peinture, ont ainsi pu être révélés et rénovés par l'artiste-peintre Serrure.

Sous cette couche de peinture, des décors représentant Sainte-Anne ont été découverts. À l'origine, cette chapelle n'était pas dédiée à Saint-Vincent-de-Paul, mais bien à Sainte-Anne, d'où les nombreuses scènes la représentant. Afin de donner une caution au nom de la chapelle, l'artiste Serrure a fait le choix de rajouter un portrait de Saint-Vincent-de-Paul, explique Véronique Milande, conservatrice en chef du patrimoine et responsable de la conservation des œuvres d'art religieuses et civiles de la Ville de Paris. D'après elle, le peintre à l'origine des premières représentations de Sainte-Anne est pour l'instant inconnu. Néanmoins, elle affirme que la chapelle Saint-Vincent-de-Paul avait été prise en concession par le duc d'Épernon, procédure courante chez les grandes familles d'époque.

Parties médianes détail Sainte abritée sous un dais 11-12-2025 Jean-Marc Moser COARC Ville de Paris

Parties médianes Détail 3 Présentation de la Vierge au Temple 11-12-2025 Jean-Marc Moser COARC Ville de Paris (2)

Une restauration soutenue

Grâce à une étude préalable et aux archives de la Ville de Paris, l'équipe constituée de 15 restauratrices et dirigée par Ariel Bertrand, restauratrice-conservatrice de peinture, a œuvré pour redonner une seconde vie à cette chapelle. Une restauration technique qui a pu se faire grâce au World Monuments Fund, une ONG chargée de la protection du patrimoine dans le monde, ainsi qu'à son mécène particulier, Anthony Thompson.  

"Le World Monuments Fund soutient la restauration de cette chapelle Saint-Vincent-de-Paul parce qu'elle abrite des décors somptueux, mais aussi, et peut-être surtout, parce que c'est la chapelle qui abrite le triptyque Kesselring, Life of Christ".

Mathilde Augé, directrice exécutive du World Monuments Fund France.

Restauratrice décrassant un voutain de la chapelle 11-12-2025 Jean-Marc Moser COARC Ville de Paris

Restauratrice retouchant un voutain de la chapelle 11-12-2025 Jean-Marc Moser COARC Ville de Paris

En collaboration depuis 2021 avec la Ville de Paris, celle-ci a également œuvré pour la restauration. "La Ville de Paris est propriétaire de l'église Saint-Eustache de par la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905… De par cette propriété, elle doit conserver et protéger le patrimoine qu'il y a à l'intérieur", explique Paul Percetti, responsable mécénat au sein de la direction des Affaires culturelles de la ville de Paris.

Inaugurée le 25 juin, la chapelle Saint-Vincent-de-Paul témoigne d'une volonté de préservation du patrimoine. Celle-ci est dorénavant accessible au public.

Pour en savoir plus, retrouvez notre reportage dédié sur notre plateforme numérique Museum TV.