Survivants d’Hiroshima : le dessin comme exutoire

Publié le 06/08/2020

Il y a 75 ans, la bombe atomique explosait sur Hiroshima. Pour ce terrible anniversaire, nous vous proposons de redécouvrir ce reportage sur Masaki Hironaka et Yukio Karaki, deux « hibakusha », des survivants des bombardements nucléaires au Japon. Tous deux livrent à travers leur dessin, leur terrible traumatisme.

On est en 1945, au Japon. Le pays du soleil levant va connaitre un cataclysme sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Les États-Unis envoient deux bombes nucléaires sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki. De cette catastrophe va naitre une génération d’Hibakusha, de survivants.

Masaki Hironaka n’avait que 6 ans le jour de l’explosion. Dehors à 3km du point d’impact, la vision du champignon et de ce flash l’a traumatisé à vie.

« Il va être suffisamment marqué comme un gamin de six ans pour en faire une création spontanée. Des centaines et des centaines de dessins au stylo à bille sur des petites feuilles de cahier » explique Fabien Simode, rédacteur en chef du magazine « L’œil. »

Dessin – Masaki Hironaka

Depuis 2002, il s’efforce de sauvegarder chaque détail de ce jour funeste. A travers ses dessins, on découvre un jeune homme insouciant, face à un chaos terrible. « On voit des patients assis sur des tables ou allongés avec des médecins qui viennent retirer des morceaux de peau, qui viennent soigner les brûlures, retirer des morceaux de corps étranger dans les corps… » raconte Fabien Simode.

Dessin – Masaki Hironaka

Yukio Karaki lui, va attendre près de 40 ans pour témoigner. En 1984, pinceaux en mains, il immortalise la tragédie à travers 11 grands formats.

« On voit des rivières, on voit des trains charriant des centaines de corps brûlés, gonflés par les radiations, de corps morts, entassés dans les rues parce qu’on ne sait pas quoi faire de tous ces cadavres qui ont marqué tous les habitants, ces fameux hibakushas » souligne le rédacteur en chef.

Lui aussi va représenter l’objet du traumatisme : ce champignon gigantesque, responsable de tous les maux. 

Dessin – Yukio Karaki

Aujourd’hui, peu d’Hibakusha sont encore en vie pour témoigner. Ces dessins nous rappellent de ne jamais oublier.

Masaki Hironaka et Yukio Karaki étaient exposés à la Halle Saint Pierre en 2018 à l’occasion de la seconde édition de l’exposition « Art Brut Japonais ».

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