Les galeries d’art à l’heure d’Instagram

Publié le 07/04/2020

Trouver des collectionneurs, vendre davantage, améliorer sa notoriété… Les avantages sur les réseaux sociaux sont nombreux pour les galeries. Mais cela vaut aussi évidemment pour les artistes… Alors à l’heure du web, les galeries ont-elles toujours leur place ?

Instagram, nouvelle vitrine de l’art

Ces dernières années, les réseaux sociaux ont révolutionné le monde de l’art. Et par réseaux sociaux, nous voulons surtout parler d’Instagram.

Avec son milliard d’utilisateurs, la plateforme se révèle être un incubateur pour artistes. Une vitrine gratuite sur le monde dont ils ont bien envie de profiter.

Selon le rapport Hiscox 2018 sur le marché de l’art en ligne, Instagram est le réseau social préféré des collectionneurs. 79% des acheteurs de moins de 35 ans l’utilisent pour découvrir de nouveaux artistes.

L’enfant du web

Être découvert, c’est ce que voulait Enfant Précoce. Souvenez-vous, en février 2019, cet artiste d’origine camerounaise a fait le buzz sur le web en posant aux quatre coins de Paris avec un de ses tableaux accompagné d’un panneau « Exposez moi ». Un message directement adressé aux galeries.

Les galeries d'art à l'heure d'Instagram

Quelques mois plus tard, nous l’avons retrouvé dans son atelier à Paris. Bien qu’il ait été contacté par plusieurs galeries, il fait pour le moment cavalier seul, en attendant de trouver celle qui lui correspond pleinement.

Les galeries choisissent bien les artistes avec qui elles veulent travailler, pourquoi ce serait pas l’inverse ? Ce serait bien de choisir sa galerie et de leur dire qu’on aimerait bien travailler avec eux…

Enfant Précoce

Les limites du virtuel

Face à cette nouveau rapport de force qui se dessine, les galeries devraient-elles avoir peur du réseau social ? 

La galerie Wallworks est spécialisée dans le street art. Elle représente RIME, un artiste américain. Contrairement à d’autres galeries d’art, celle-ci n’a jamais repéré de nouveaux artistes sur les réseaux sociaux. Néanmoins, Claude Kunetz, son directeur, y a trouvé d’autres avantages.

Certains collectionneurs qui n’habitent pas en Europe, qui n’habitent pas en France… J’ai vendu des œuvres de RIME par exemple au Venezuela, en Colombie, au États-Unis, au Brésil… Des gens qui ne peuvent pas se déplacer.

Claude Kunetz, directeur de la galerie Wallworks

157000, c’est le nombre d’abonnés de Rime sur Instagram. Un beau score, qui ne l’empêche pas de regretter l’aspect éphémère et évidement virtuel du réseau social.

Si je décidais d’arrêter d’exposer en galerie, et que je partageais mes peintures dans des posts sur un écran de téléphone, les gens manqueraient quelque chose. Souvent ils sont étonnés de la taille de certaines de mes toiles.

RIME, artiste américain

Une chose est sûre, les réseaux sociaux ont bousculé les codes du marché de l’art. C’est maintenant au tour des artistes et des galeries d’art d’écrire leurs nouvelles règles.

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