"Le sommeil" de Gustave Courbet

Publié le 25 Mai 2021
"Le sommeil" de Gustave Courbet

Voici un sujet de boudoir remanié à la sauce Courbet, c’est à dire au délicieux goût de scandale. Le Sommeil est réalisé par Gustave Courbet en 1866.


Le Sommeil, Les Deux Amies, Les Dormeuses ou Paresse et Luxure, son nom est multiple, son auteur unique en son genre. Ce tableau de Gustave Courbet, provoque une nouvelle fois le scandale chez ses contemporains en abordant un thème saphique


C’est lorsqu’il peint la femme que son originalité s’affirme le plus. Au diable les nymphes blanches et lisses de la peinture académique. Courbet donne dans les nus à la chair vivante. Ce qui a de quoi choquer les visiteurs du Salon. Le peintre n’hésite pas à jouer sur les contrastes de carnation et de chevelure. Dans ces draps soyeux deux personnes s’entremêlent sensuellement. Plusieurs détails font allusion à un repos après une relation charnelle. Oui mais voilà, si cela choque autant c’est parce qu’il s’agit de deux femmes.


Mais Le Sommeil n’a pas à affronter la censure. Il entre directement dans une collection privée, celle du diplomate Khalil-Bey. Cet émissaire turc se fera ensuite livrer une certaine oeuvre très secrète : l’Origine du monde.
L’aspect contemporain de cette scène rappelle Olympia de Manet. Un tableau du même format et lui aussi, objet de tous les scandales au Salon de 1865. Sans l’ombre d’un doute, les deux peintres partageaient les mêmes passions : la rêverie, la volupté et l’érotisme.

L'origine du monde (1866)
© Musée d'Orsay


Lieu d'exposition : Petit Palais