Chasse à l’oeuvre d’art au Grand Palais

La galerie Perrotin et la Grand Palais s’associent le temps d’un week-end et organisent « Wanted ». 20 oeuvres d’art dissimulées sous la nef du monument… qui ne demandent qu’à être gagnées.

L’événement a un petit côté « Charlie et la chocolaterie ». Sauf qu’ici, pas de chocolat à acheter pour tenter de remporter le ticket d’or. Il suffit d’avoir un peu de chance.

20 oeuvres d’art de 20 artistes contemporains vont être dissimulées le temps du week-end dans un Grand Palais absolument vide en raison de l’annulation de la FIAC, initialement prévue entre le 22 et le 25 octobre. A vous de mettre la main sur l’une d’entre elle pour la remporter… Tout simplement ! C’est le dernier événement organisé dans ce monument construit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 avant sa fermeture pour rénovation.

Comment ça marche ?

Les oeuvres vont être réparties sur 12 sessions de jeu pendant le week-end. Le concours prendra la forme d’une « épreuve » (nous n’en savons pas plus!) pendant laquelle les participants devront trouver le ou les lots dissimulés sous la nef, ou un item le représentant.

La galerie Perrotin et le Grand Palais indiquent que les lots seront dissimulés uniquement sur la surface du sol, et à maximum 1m50 de hauteur. Pas besoin d’escalader je ne sais quel poteau ou d’aller vous risquer à regarder dans les armoires électriques !

La participation est gratuite et limitée à 500 personnes par session, mais nécessite une inscription sur le site du Grand Palais.

Si par malheur deux participants trouvaient une oeuvre en même temps, ils seront départagés par une série de questions/réponses sur l’artiste.

Une chasse au trésor généreuse pensée par Emmanuel Perrotin, directeur de la galerie éponyme : « Dans cette période de grande incertitude, j’ai eu cette idée à contre courant. Puisque nous ne savons pas où nous allons, tout est permis : pouvoir mener des projets fous pour se sentir encore vivant. Je suis heureux que les artistes que j’ai sollicités aient accepté de participer à ce projet inédit. Les oeuvres d’art sont plus que jamais précieuses, c’est pourquoi il est important de les offrir au plus grand nombre. Je tiens à remercier les artistes et les équipes de la galerie qui m’accompagnent dans cette folle aventure avec toute leur énergie, alors qu’ils sont mobilisées sur de nombreuses autres expositions. » 

Les généreux artistes représentés : Chiho Aoshima, Iván Argote, Daniel Arsham, Genesis Belanger, Johan Creten, Elmgreen & Dragset, Bernard Frize, Laurent Grasso, Thilo Heinzmann, Gregor Hildebrandt, JR, Bharti Kher, Klara Kristalova, Takashi Murakami, Jean-Michel Othoniel, GaHee Park, Paola Pivi, Emily Mae Smith, Aya Takano et Xavier Veilhan.

WANTED ; le week-end des 24 et 25 octobre au Grand Palais.

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Erwin Wurm : absurde mais pas léger

De la sculpture qui n’en est pas vraiment exposée en photographie… C’est ce qu’il se passe quand on s’attaque à l’univers d’Erwin Wurm. La Maison Européenne de la photographie de Paris revient sur la carrière de cet autrichien au travail aussi absurde que profond.

Se tenir quelques secondes dans des positions loufoques et inconfortables, voilà la série emblématique des « One minute sculpture » de l’autrichien Erwin Wurm. Car oui, Erwin Wurm est bien sculpteur, même s’il ne se prédestinait pas à cette discipline. « Initialement il voulait être peintre mais quand il candidate à l’école des beaux-arts, il est admis dans la section sculpture. De cette déception là, il va garder une démarche singulière et va s’interroger sur ce qu’est la sculpture » explique Manon Demurger, responsable de la programmation à la MEP.

Qu’est-ce que la sculpture ? Le volume, la masse, le poids. Il détourne ces caractéristiques avec ce qui l’entoure. D’abord des objets du quotidien…Progressivement, il se tourne vers le corps et repousse les limites de sa discipline.

One Minute Sculpture

Ses images sont originales, absurdes, amusantes, parfois gênantes. Pourtant, Erwin Wurm se défend d’être un artiste léger. Sa démarche est beaucoup plus profonde.

Dans sa série « Instruction for Idleness », Erwin Wurm réalise des autoportraits titrés dans lesquels il se met en scène comme un artiste en proie à la paresse. Une série qui parle à tout le monde. « Il se moque de lui-même, de nous et de la société et des valeurs qu’elle véhicule, la productivité, l’action… Là au contraire il célèbre la paresse, le vide… » sourit Manon Demurger.

Une ode à la paresse, un pamphlet contre la surproduction pour des photos qui rappellent peut-être à certain d’entre nous, tout ce qu’on s’évertue à cacher.

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L’exposition « Léonard de Vinci » au Louvre s’exporte au cinéma

L'exposition "Léonard de Vinci" au Louvre s'exporte au cinéma

Cette exposition a fermé ses portes le 24 février dernier après avoir rassemblé 1,1 millions de visiteurs. Pour ceux qui l’ont manquée ou qui souhaiteraient y retourner, l’exposition Léonard de Vinci s’exporte au cinéma entre le 16 et le 22 septembre 2020.

Déambuler une nuit dans les couloirs de l’exposition événement Léonard de Vinci, c’est possible dès aujourd’hui… Du moins, confortablement installé dans un fauteuil de cinéma.

Filmée spécialement pour le cinéma, cette visite privée pas comme les autres vous emmène au cœur de la plus grande exposition jamais consacrée au maître de la Renaissance Léonard de Vinci, organisée à l’occasion des 500 ans de sa mort.

Une exposition rendue possible grâce à dix années de travail acharné de deux commissaires en chef du patrimoine. Vincent Delieuvin et Louis Frank, respectivement spécialiste du département des peintures et spécialiste des Arts graphiques au musée du Louvre.

Deux personnages qui nous guident dans cette visite sur grand écran, détaillent les tableaux et nous livrent leur analyse. Léonard de Vinci avait beau être considéré comme un génie, un inventeur, c’est bien la peinture qu’il plaçait au dessus de toute autre activité. Le scientifique a toujours été au service du peintre avec néanmoins une grande ambition : donner la vie à ses tableaux.

Découvrez leur teaser du film :

Retrouvez notre reportage au sein de l’exposition :

Pour trouver une séance près de chez vous, cliquez ici.

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L’art fait sa rentrée avec Art Paris

L'art fait sa rentrée avec Art Paris

Touchée… Mais pas coulée. Initialement prévue en avril, la foire d’art moderne et contemporain Art Paris, d’abord reportée avant d’être transformée en une édition numérique, va finalement se tenir du 10 au 13 septembre au Grand Palais, plus forte que jamais.

Art Paris se tient chaque année sous la nef du Grand Palais

Art Paris premier rendez-vous culturel de la rentrée, sans doute grâce à la confiance d’une majorité de ses galeries, et de l’engagement sans faille des collectionneurs, désireux de soutenir la scène artistique dans cette période douloureuse. Pour le monde culturel meurtri par la crise sanitaire, Art Paris brandit le drapeau de la résistance.

Soutien à la scène française

Conséquence directe de la crise sanitaire, la part belle est faite à la scène française qui représente 78% des 112 galeries exposées. Un soutien plus qu’assumé à la scène hexagonale avec « histoires communes et peu communes ». Dans ce secteur, Gaël Charbau, commissaire et critique d’art indépendant, réunit et nous livre son regard sur 19 artistes français nés pour la plupart dans les années 1980, dont les œuvres mettent en avant les notions de récit, d’histoires singulières et universelles.

En parallèle, un parcours thématique sur la péninsule ibérique met en lumière l’art espagnol et portugais des années 1950 à nos jours.

Soutien aux jeunes galeries

Dans le secteur « Promesses », 14 galeries de moins de six ans d’existence ont été placées volontairement au cœur du Grand Palais. Elles sont en provenance d’Abidjan, Bruxelles, Lisbonne, Sofia, Lima, Marseille, Paris et présentent chacune entre un et trois artistes émergents. Elles ont bénéficié d’une aide financière de la foire pour soutenir leur participation.

Expositions monographiques

19 galeries présenteront cette année des expositions monographiques. Un secteur encouragé par la foire grâce à un tarif sponsorisé. Une manière d’œuvrer à la reconnaissance des artistes, tout en permettant au public une meilleur approche de leur travail.

Art Paris en chiffres

  • 112 exposants
  • 15 pays
  • Plus de 900 artistes représentés
  • 22% de participation étrangère
  • 32% de nouvelles galeries participantes

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L’agenda artistique de la semaine du 17 août par Museum TV

L'agenda artistique de la semaine du 17 août par Museum TV

Comme chaque semaine, la rédaction de Museum TV vous propose 8 expositions à découvrir en France et à l’étranger.

« Les femmes s’exposent » à Houlgate

Valoriser et récompenser les travaux des femmes photographes, c’est la vocation du festival les femmes s’exposent à Houlgate en Normandie. Guerre, sport, art, toutes les catégories sont représentées, au féminin.

Jusqu’au 25 septembre 2020.

« Open Museum #6 Music » au Palais des Beaux-Arts, Lille

À Lille, le Palais des Beaux-Arts bouleverse les codes de la perception des œuvres. Et si pour une fois, le musée était ouvert à tous les sens ? Aux yeux autant qu’aux oreilles ? Munissez-vous de votre casque et visitez le musée en musique !

Jusqu’au 11 janvier 2021

3. « Street trash, l’effet spécial de la sculpture » à la Friche La Belle de Mai, Marseille

Si vous voulez vous faire peur et que vous appréciez la culture gore, grotesque et post apocalyptique, direction la Friche la belle de mai à Marseille ! À découvrir : 40 artistes fascinés par le répugnant.

Du 17 juin au 25 octobre

« Gio Ponti, loving architecture » au MAXXI de Rome

40 ans après sa mort, le musée national des arts du 21e siècle de Rome rend hommage à Gio Ponti. Cet italien fait partie des créateurs qui ont révolutionné le design et l’architecture moderne. Un maestro à découvrir jusqu’au 27 septembre.

Jusqu’au 27 septembre 2020

« Joan Cornellà » à la Galerie Arts Factory, Paris

Des traits naïfs et colorés, pour un humour noir dévastateur. L’irrésistible Joan Cornellà est de retour à Paris à la Galerie Arts Factory. Un humour bête et méchant, peut-être l’antidote idéal pour cette période post-confinement.

Du 1er juillet au 29 août

« Body Performance » à la Helmut Newton Foundation, Berlin

Pour la première fois, une exposition rassemble des photographies de performances artistiques, toutes centrées sur le corps. Des grands noms sont représentés : Cindy Sherman, Robert Mapplethrope ou encore Erwin Wurm.

Jusqu’au 20 septembre 2020

« Picasso et la bande dessinée » au musée Picasso, Paris

Picasso était un passionné de bande dessinée. Il en lit, et s’y essaie. Mais la BD aussi semble apprécier l’artiste : de nombreux auteurs ont intégré à leurs planches l’artiste et son œuvre. Un univers à découvrir au musée Picasso.

Jusqu’au 03 janvier 2021

« Stars » au musée d’art Mori, Tokyo, Japon

Pour sa réouverture, le musée d’art Mori de Tokyo met à l’honneur 6 des plus grands noms de la scène artistique japonaise, de renommée internationale : Yayoi Kusama, Lee Ufan, Tatsuo Miyajima, Takashi Murakami, Yoshitomo Nara et Hiroshi Sugimoto. Une exposition puissante pour relancer les visites en période de crise sanitaire.

Jusqu’au 3 janvier 2021.

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Vivre sous serre avec la Nature House

Vivre sous serre avec la Nature House

Ce concept de Nature House, maison naturelle en français, a été développé dans les années 1970 par l’architecte suédois Bengt Warne.

Nature House Uppgrenna

Vivre au chaud toute l’année sans chauffage, même avec des températures extérieures négatives. C’est ce que vivent au quotidien les habitants des Nature House. Ces maisons écologiques en bois sont sous cloche. De plus, elles sont installées à l’intérieur d’une serre.

Ce type d’architecture initié en Suède est davantage développé chez nos voisins nordiques. En pratique, alors que les températures hivernales peuvent avoisiner les -15° dans certaines régions, ces maisons offrent une température intérieure oscillant entre 15 et 20°, grâce à quelques rayons de soleil dans la journée.

Intérieur d’une Nature House

Car au-delà de l’esthétisme particulièrement efficace de ces maisons, c’est bien leur aspect écologique qui intéressent leurs propriétaires, à la recherche d’un mode de vie durable.

Pas de chauffage, un potager intérieur aux airs de Méditerranée où poussent toute l’année concombres et tomates et généralement, une volonté de produire le moins de déchets possibles. Les eau usées peuvent être réutilisées pour arroser les plantes et les restes finissent directement dans un compost.

Présent davantage en Suède, ces maisons naturelles commencent à s’exporter. Nul doute que leur expansion devrait continuer.

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Pour vous rafraîchir pendant la canicule : Hockney et les piscines

Pour vous rafraîchir pendant la canicule : Hockney et les piscines

Il faut chaud, très chaud. Pour vous donner un petit coup de frais, on vous emmène en Californie, dans les célèbres piscines de David Hockney.

David Hockney dans son studio

Quand on pense à Van Gogh, on voit les tournesols. Pour Monet, ce sont les nymphéas. Et pour David Hockney ? Les piscines.

Des teintes de bleu profond, les reflets de la lumière sur l’eau, des compositions aux lignes droites et une palette ultra colorée. Mais comment cet artiste britannique s’est-il retrouvé à peindre des piscines californiennes ?

California Love

David Hockney quitte son Angleterre natale dans les années 60. A des milliers de kilomètres de là, il rencontre la Californie et Los Angeles. Un coup de foudre immédiat. Un choc esthétique.

Loin de la grisaille britannique, il traverse les rues droites et géométriques bordées de palmiers de la Cité des Anges. Des plantes plus tard si souvent représentées dans ses toiles. A cette époque, le jeune David n’a que 30 ans et une grande soif de liberté. A Los Angeles, il découvre une vie sans contrainte, paisible, où il peut pleinement vivre sa sexualité. En Angleterre à la même époque, l’homosexualité est toujours illégale.

Dans cet ensemble de maisons colorées et de rues parfaites tout droit sorti d’une série américaine, une installation saute aux yeux d’Hockney : les piscines, si nombreuses dans cette ville. Très vite, il s’empare du sujet.

En un an, il réalise trois plongeons : « The Little Splash », « The Splash » et « A bigger Splash ». Des toiles qui s’arrachent aujourd’hui à prix d’or. Cette année, la seconde a été adjugée 27,4 millions d’euros dans une vente aux enchères à Londres.

Dans l’ordre : The Little Splash, the Splash et A Bigger Splash

Deux ans plus tôt, c’est la toile « Portrait of an artist (pool with 2 figures) » qui a battu tous les records, adjugé 90,3 millions de dollars. Une vente qui a hissé David Hockney au rang d’artiste vivant le plus cher au monde, avant d’être détrôné l’année suivante par Jeff Koons et son Rabbit à 91,1 millions de dollars.

Portrait of an artist (pool with 2 figures), David Hockney

Mais l’amour de David Hockney pour l’esthétique des piscines ne s’arrête pas à son atelier. En 1988, il s’attaque au fond de la piscine de l’hôtel Roosevelt à Los Angeles. Des courbes simples, qui ondulent sous le soleil californien au moindre plongeon et semblent prendre vie.

Piscine de l’hôtel Roosevelet à Los Angeles

En 2019 à 82 ans, David Hockney a quitté sa chère Californie pour la Normandie. Une région française que l’artiste connaît bien, dans laquelle il a régulièrement séjourné. Par ce déménagement, il se rapproche de la tapisserie de Bayeux dont il souhaite s’inspirer pour une prochaine réalisation. Pas certain que les piscines soient toujours d’actualité.

Tapisserie Bayeux
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L’agenda artistique de la semaine

L'agenda artistique de la semaine

Que voir en France et à l’étranger cette semaine ? Découvrez les recommandations de la rédaction de Museum TV dans l’agenda artistique de la semaine.

« Giorgio Chirico, la peinture métaphysique » au musée de l’Orangerie

Vous êtes en train de vous dire que pour le moment seules les salles des Nymphéas sont accessibles au public ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas devenu fou. En attendant la réouverture totale le 14 septembre prochain, un aperçu de l’exposition dédiée à Giorgio Chirico est accessible en ligne, sur le site du musée.

« Playground, le design des sneakers » au musée des arts décoratifs et du design de Bordeaux

Portées aux pieds ou collectionnées dans nos placards, la sneaker est l’accessoire de mode ultime de notre époque. Pour leur rendre hommage, le musée des arts décoratifs et du design de Bordeaux leur dédie une exposition jusque janvier 2021.

« Helena Rubinstein », la collection de madame au musée du Quai Branly

Célèbre mécène et femme d’affaires, Helena Rubinstein était aussi une grande amatrice d’art africain. Une partie de sa collection est à découvrir au musée du Quai Branly jusque septembre prochain.

« Archipel » au musée d’art de Nantes

Pour cette exposition, pas de thématique particulière, de parcours à suivre ou de chronologie. Avec « Archipel », naviguez librement dans un dédale de plus de 200 œuvres au musée d’art de Nantes.

« Qalqalah » au CRAC de Sète

Comment les mots forment-ils des phrases et comment ces phrases forment-elles des langues ? Jusqu’au 6 septembre 2020, venez découvrir au CRAC de Sète une grande exposition sur le langage et ses origines, de l’anglais à l’arabe en passant par le français.

« Soleils noirs » au Louvre Lens

De par sa profondeur et son mystère, la couleur noir intrigue. Mais elle est aussi source d’inspiration pour de nombreux artistes. Une couleur au cœur de la nouvelle exposition du Louvre Lens.

« Le Caravage/Le Bernin, le Baroque à Rome » au Rijksmuseum

Le Caravage et Le Bernin, ces deux artistes sont à l’origine du style baroque en Italie. Avec leur technique, ils développent un tout nouveau langage artistique que le Rijksmuseum d’Amsterdam met en lumière dans son exposition.

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Survivants d’Hiroshima : le dessin comme exutoire.

Survivants d' Hiroshima : le dessin comme exutoire

Il y a 75 ans, la bombe atomique explosait sur Hiroshima. Pour ce terrible anniversaire, nous vous proposons de redécouvrir ce reportage sur Masaki Hironaka et Yukio Karaki, deux « hibakusha », des survivants des bombardements nucléaires au Japon. Tous deux livrent à travers leur dessin, leur terrible traumatisme.

On est en 1945, au Japon. Le pays du soleil levant va connaitre un cataclysme sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Les États-Unis envoient deux bombes nucléaires sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki. De cette catastrophe va naitre une génération d’Hibakusha, de survivants.

Masaki Hironaka n’avait que 6 ans le jour de l’explosion. Dehors à 3 kms du point d’impact, la vision du champignon et de ce flash l’a traumatisé à vie.

« Il va être suffisamment marqué comme un gamin de six ans pour en faire une création spontanée. Des centaines et des centaines de dessins au stylo à bille sur des petites feuilles de cahier » explique Fabien Simode, rédacteur en chef du magazine « L’œil. »

Dessin – Masaki Hironaka

Depuis 2002, il s’efforce de sauvegarder chaque détail de ce jour funeste. A travers ses dessins, on découvre un jeune homme insouciant, face à un chaos terrible. « On voit des patients assis sur des tables ou allongés avec des médecins qui viennent retirer des morceaux de peau, qui viennent soigner les brûlures, retirer des morceaux de corps étranger dans les corps… » raconte Fabien Simode.

Dessin – Masaki Hironaka

Yukio Karaki lui, va attendre près de 40 ans pour témoigner. En 1984, pinceaux en mains, il immortalise la tragédie à travers 11 grands formats.

« On voit des rivières, on voit des trains charriant des centaines de corps brûlés, gonflés par les radiations, de corps morts, entassés dans les rues parce que l’on ne sait pas quoi faire de tous ces cadavres qui ont marqué tous les habitants, ces fameux hibakushas », souligne le rédacteur en chef.

Lui aussi va représenter l’objet du traumatisme : ce champignon gigantesque, responsable de tous les maux. 

Dessin – Yukio Karaki

Aujourd’hui, peu d’Hibakusha sont encore en vie pour témoigner. Ces dessins nous rappellent de ne jamais oublier.

Masaki Hironaka et Yukio Karaki étaient exposés à la Halle Saint Pierre en 2018 à l’occasion de la seconde édition de l’exposition « Art Brut Japonais ».

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James Tissot, L’ambigu Moderne, au Musée d’Orsay

Art News V3038 – James Tissot from Museum TV on Vimeo.

Moustaches gominées, Hauts-de-forme, coiffes et tailleurs serrées. Très ancrés dans le code vestimentaire de l’aristocratie anglo-saxonne du 19ème siècle, ces accessoires sont bien souvent représentés en peinture par un artiste : James Tissot.

Né à Nantes en 1836, le jeune Jacques-joseph grandit en nourrissant sa vocation d’artistes. Il prend les rênes de sa carrière en 1856 en intégrant l’école des beaux-arts de paris, aux cotés d’un certain Edgard Degas, notamment.

Bien naturellement, ses œuvres s’inspirent de son vécu : il travaille sa représentation du drapé après avoir grandi dans une famille de travailleurs du textile, et s’exerce dans la représentation de longs vêtements, froufrous, chapeaux et manteaux en tout genre.

Cet exercice, il le pratique surtout en fréquentant l’aristocratie lorsqu’il découvrit à Londres. Inspiré par la peinture victorienne, son style se précisa avec l’influence de la capitale britannique, de la modernité parisienne des années 1860, et de la haute société qu’il peint dans ses tableaux.

Souvent très détaillés, ses tableaux figuratifs représentent assez fidèlement les soirées mondaines, banquets et fêtes en tout genre qu’il observe longuement, entre admirations et touche d’ironie.

Témoins de nombreux codes et normes de ces hautes castes parisiennes et londoniennes, la peinture de Tissot se concentre bien souvent sur les vêtements masculins, entre trench, costumes et vestes, mais aussi sur les vêtements féminins : souvent complexes et travaillés, ils contrastent bien souvent avec sa représentation des femmes, le regard à l’horizon, plein de rêves, comme détachées de du monde dans lequel elles évoluent.  

« Cette manière qu’il a de représenter les femmes en train dans une forme d’introspection, se projetant à l’extérieur du tableau est une manière de souligner ce cas particulier : la condition féminine au 19ème siècle »

Paul Perrin, commissaire de l’exposition « James Tissot, l’ambigu moderne » au Musée d’Orsay.
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