Portrait de femme à la cornette, de Rogier Van der Weyden, vers 1435

L’artiste qui a réalisé cette toile est l’homme qui a inspiré le monochrome. Voici le Portrait de femme à la cornette peint par Rogier Van der Weyden vers 1435.

Ce tableau peint à Bruxelles au 15e siècle en noir, gris et blanc, est le plus ancien portrait du maitre flamand. Comment ne pas être admiratif devant cette pose altière et ce regard direct, d’une étonnante modernité.

Mais surtout comment ne pas être stupéfait par cette impressionnante coiffe, destinée à cacher la chevelure de la jeune femme mais dont la blancheur lui donne un aspect spectral ? Un blanc travaillé en transparence sur le front, en blanc sur blanc pour organiser les plis et les carrés du voile. La mystérieuse beauté du blanc nous fascine dans ce tableau.

Cette surface de peinture monochrome est un signe avant-coureur d’une révolution picturale qui va avoir lieu… 500 ans plus tard. Avec « Carré blanc sur fond blanc » peint par Malévitch en 1918. Il fonde alors un art sur le seul rapport entre forme et couleur. Un peu comme la coiffe monochrome de cette dame à la cornette.

Sa peinture se vit comme une sensation pure, libéré de toute figuration. Avec le premier monochrome de l’histoire, Malevitch ouvre la voie à l’abstraction.

En 1980, le français François Morellet, grand maitre de l’abstraction géométrique, rend avec ses carrés blancs un hommage malicieux à Malevitch. Un des carrés blancs semble sur le point de tomber du mur du musée. Chez Morellet comme chez Malevitch, la blancheur de l’œuvre renforce le caractère spectral de la composition. Comme le fantôme de la femme à la cornette.

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