« L’espoir du condamné à mort » de Joan Miró

Il s’agit d’un triptyque à la fois poétique et politique, réalisé par l’artiste avant sa mort. L’espoir du condamné à mort est peint par Joan Miró en 1974.

Le peintre espagnol réalise cet ensemble de toiles dans un contexte politique particulièrement douloureux. Le régime de Franco vient de condamner à mort de l’anarchiste catalan Salvador Puig Antich. Miró réalise cette œuvre le jour même de l’exécution de ce militant. Un événement tragique qui bouleverse l’artiste.

Paysage Catalan, Joan Miró, 1924.
©MoMa

Ces trois immenses tableaux sont représentatifs de la période des “vides” amorcée par l’artiste dans les années 1960. Comme dans le triptyque Bleu I, Bleu II et Bleu III, Miró réalise des toiles abstraites dans lesquelles peu de formes apparaissent sur un fond uni. Avec l’Espoir du condamné à mort, l’abstraction est cette fois-ci moins prononcée. Dans le premier cadre on distingue un visage de profil. Ce visage disparaît peu à peu au fil des tableaux. Comme si la vie du jeune homme condamné s’éclipsait petit à petit.

Le Carnaval d’Arlequin de Joan Miró,1925
©Galerie d’art Albright-Knox

Les tâches de couleurs, comme une grammaire visuelle, sont la signature de Joan Miró qu’on retrouve dans des œuvres comme Le Carnaval d’Arlequin ou Paysage Catalan. Le rouge évoque la vie. Le bleu définit le ciel et le jaune le soleil. Avec cette œuvre, Miró nous raconte que l’homme condamné va être privé de ces éléments. Avec ses pinceaux Miró nous fait ressentir au plus profond que c’est intolérable. Comme une poésie picturale pour dénoncer l’oppression.

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