« Les raboteurs de parquet » de Gustave Caillebotte

Ce tableau mettant en scène avec réalisme des ouvriers à l’oeuvre a choqué à l’époque. Gustave Caillebotte peint « Les raboteurs de parquet » en 1875.


Cette toile atypique n’est pas du tout dans les petits papiers de la critique de l’époque. La raison ? Le thème est beaucoup trop vulgaire : c’est une des premières représentations du prolétariat urbain.


Ces personnages sont d’habitude invisibles dans cette société bourgeoise. Alors, être l’objet d’un tableau, de surcroît en période de troubles sociaux, cela dérange. L’oeuvre de Caillebotte est refusée au salon de 1875.
Le tableau est pourtant d’une grande modernité. Déjà, par son thème : il est souvent comparé aux Blanchisseuses de Degas ou aux Glaneuses de Millet, en quelques sortes leur ancêtre rural. Mais c’est surtout la composition de l’oeuvre qui est totalement inédite: un cadrage déséquilibré, une vue à contre-jour, une perspective très inhabituelle.


Le peintre semble s’être inspiré de la photographie. Ce qui renforce le côté documentaire de la situation : la rénovation du parquet d’un immeuble haussmannien, les logements moderne de l’époque.
Le jeu des ombres et des reflets, le travail sur la luminosité et les mouvements des travailleurs en font un tableau particulièrement réaliste, à la manière d’un “instant saisi”. Caillebotte, bourgeois aisé, n’introduit aucun discours politique dans son œuvre. Mais son tableau reste une invitation à regarder ces travailleurs issus des milieux modestes, ces invisibles de l’époque.

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