Picasso, la musique au bout du pinceau

Du 22 septembre 2020 au 3 janvier 2021

On ne compte plus les expositions dédiées à Picasso : « Picasso illustrateur, « Picasso et les paysages méditerranéens », Picasso et sa période « bleu et rose »… C’est au tour de la Philharmonie de Paris de s’attaquer à cette icône de l’art moderne avec « Les musiques de Picasso ». Alors Pablo, musicien ?

Dans les années 60, Picasso aurait dit à une journaliste : « Au fond, quand on parle d’art abstrait, on dit toujours que c’est de la musique. Quand on veut en dire du bien, on parle musique. Tout devient musique. Je crois que c’est pour ça que je n’aime pas la musique. »

Picasso n’aimerait pas la musique ? Un paradoxe, quand on sait qu’elle a transcendé toute sa carrière de peintre… « Il y a quelques photos où on le voit poser avec une trompette mais de toute évidence, la musique, il ne l’approchait pas comme un mélomane, il ne lisait pas les notes ! » nous indique Marie-Pauline Martin, directrice du musée de la musique.

Pour comprendre, il faut remonter à l’enfance de Picasso. Il nait en 1881 dans une famille qui comporte quelques musiciens à Malaga en Andalousie, une ville chantante et musicale. « Les musiques sont principalement des musiques de rue, des musiques populaires, festives, joyeuses, bruyantes… Et il va garder cette première expérience musicale inhérente à la vie de tout espagnol tout au fond de lui toute sa vie » raconte Cécile Godefroy, commissaire de l’exposition.

Une musique, un vacarme, une énergie, qui traverse les frontières espagnoles et l’accompagne jusqu’à Montmartre dans les cafés concerts et les music hall.

La musique sort de la toile

En 1916, Picasso est sollicité par Jean Cocteau pour collaborer à la création d’un ballet moderne.  « Parade » est présenté pour la première fois au théâtre du Châtelet à Paris en 1917. « Cette création est très importante parce qu’elle l’immerge à nouveau dans un univers musical mais aussi un univers chorégraphique » selon Cécile Godefroy et « C’est le premier à avoir intégrer comme décorateur les ballets russes! » ajoute Marie-Pauline Martin.

Collecteur d’instruments

Et la musique dans l’œuvre de Picasso, ce sont bien évidemment les instruments, omniprésents dans son travail comme dans son atelier. Il les collectait, les observer pour mieux les déconstruire, notamment pendant sa période cubiste. « Il y a très certainement chez Picasso une fascination pour les instruments de musique, pour ses formes, sa rotondité, les cordes… » précise Cécile Godefroy.

La musique elle en revanche, restait aux portes de son atelier. Contrairement à Chagall, Matisse ou Braque, Picasso n’en avait pas besoin pour travailler. Elle continuera malgré tout à l’inspirer jusqu’à la fin de sa vie… où il prend un malin plaisir à se représenter… en musicien.

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