L’homme qui marche, symbole de l’humanité

Du 4 juillet au 29 novembre 2020

L’histoire agitée de « L’homme qui marche » d’Alberto Giacometti est racontée en ce moment à l’institut qui porte son nom. Dans cette exposition, l’institution a réussi la prouesse de réunir les différents modèles de l’œuvre. Comment une sculpture considérée comme ratée par son créateur a-t-elle pu devenir l’une des plus chères au monde ?

C’est certainement le pas… Le plus célèbre de l’histoire de l’art. « L’homme qui marche » d’Alberto Giacometti c’est d’abord un corps vulnérable à la maigreur troublante, en équilibre fragile sur deux jambes immenses. Le buste est incliné : l’homme avance, déterminé. Mais les pieds sont embourbés dans la glaise, symbole de la difficulté de l’homme pour s’arracher à sa condition. Le regard qu’on distingue à peine lui, est tourné vers l’avenir.

Une œuvre star, qui était au commencement… Une femme

Entre 1930 et 1935, Giacometti vit sa période surréaliste. C’est cette femme qui va marquer un tournant dans sa carrière et le ramener vers la figure humaine. « Ce qui est incroyable c’est que cette femme qui marche va enthousiasmer les surréalistes. Pourtant, c’est à ce moment qu’il décide d’arrêter » explique Catherine Chevillot, directrice de l’institut.

Après ce modèle féminin réalisé en 1932, Giacometti délaisse le thème de la figure en marche. Il faut attendre la fin de la guerre pour que le sculpteur participe à des commandes publiques de statues commémoratives. « L’homme qui marche » fait alors son grand retour… Mais il est retoqué. « Il a une telle façon de pousser la sculpture à ses limites, presque à la disparition… Et puis cet homme si fragile est loin d’être un héros, même s’il voulait apporter un message d’espoir, ce n’est pas ce qu’on attendait d’une statue commémorative » souligne Catherine Chevillot.

Giacometti, l’éternel insatisfait

Après cet échec, Giacometti continue son travail sur des œuvres de petit format. C’est à la fin des années 50, à l’occasion d’une nouvelle commande pour l’installation d’une œuvre en plein air à New York, qu’il renoue avec le format grandeur nature. Il conçoit les deux exemplaires les plus célèbres de l’homme qui marche.

Mais cette fois, après deux ans de travail acharné, il trouve ses créations ratées et abandonne le projet. « Giacometti est un éternel insatisfait mais en même temps c’est aussi le moteur pour lui permet d’avancer et de reprendre la recherche, de continuer » indique Christian Alandete, directeur artistique de l’institut Giacometti.

Une icône, vendue 74 millions de dollars chez Sotheby’s à Londres en 2010. Une des œuvres les plus chères au monde… conçue dans un modeste atelier du quartier Montparnasse. 50 ans après la mort de l’artiste, l’Homme qui marche continue de voyager à travers le monde, symbole de l’humanité toute entière.



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