La radicalité du noir au Louvre Lens

Du 2 décembre au 25 janvier 2020

Le noir, une couleur qui n’en est pas vraiment une, qui fascine et met au défi les artistes depuis la nuit des temps. Un vaste sujet auquel s’est attaqué le Louvre Lens dans sa dernière exposition Soleil noir. Une exposition qui a vu le jour en partie grâce au bassin minier.

Le noir c’est la couleur de la nuit qui laisse entrevoir la lumière. La couleur de la pauvreté et celle du luxe. Le symbole de la mort, du deuil, et de l’élégance. Une dualité qui inspire les artistes depuis la nuit des temps et un défi. « Quand on y pense, le noir n’accepte aucune modulation, aucune variation contrairement au blanc qui accepte des blancs cassés, des beiges… Le noir c’est une couleur absolument radicale. Il est presque interdit de façon académique de le placer au centre du tableau. Donc c’est un véritable défi oui, mais aussi un moteur de la modernité » explique Juliette Guépratte, commissaire d’exposition.

Vers l’abstraction

Le noir ne raconte rien. Il n’appartient ni aux couleurs chaudes ni aux couleurs froides. Il est plat, purement bidimensionnel. Des qualités plastiques spécifiques qui vont ouvrir la voie vers l’abstraction. Témoignage de ce cheminement :  la croix noire de Malevitch réalisée en 1915. L’une des premières œuvres abstraites au monde.

Croix noire, Malévitch

Mais les envies monochromatiques sont bien plus anciennes… Exemple avec cette confrontation entre un portrait de Ribera du 17ème siècle, et l’ultimate paiting n°6 d’Ad Reinart, réalisé en 1960. « C’est une même question qui est posée par les peintres. Ad Reinart interroge les limites de la perception dans un objet qui est presque méditatif pour lui. Pour Ribeira, ce portrait en noir sur noir qui engage la virtuosité du peintre, est aussi une façon de questionner la figure d’un philosophe, qui est le philosophe de la vérité, de l’ombre, de l’illusion, de la perception, donc même question que Reinart mais à travers la figure de Platon » indique Juliette Guépratte.

Le noir, c’est aussi la couleur qui recouvre le visage des mineurs, et celle de tout le bassin minier. Alors célébrer le noir au Louvre Lens, c’est aussi une manière de rendre hommage à tout un territoire.

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